La fiche annonce un écran de 6,7 pouces, 120 Hz, 1 000 nits. Trois chiffres flatteurs qui peuvent décrire une dalle médiocre comme un très bon écran. La diagonale ne dit rien de la netteté, la fréquence ne dit rien des couleurs, et la luminosité annoncée correspond souvent à un pic atteint sur une petite zone.
Lire un écran de téléphone demande de regarder quatre éléments : la résolution réelle, la densité de pixels, le type de dalle et la luminosité typique.
La diagonale n'est pas la taille utile
Un écran de 6,7 pouces se mesure en diagonale. Le chiffre ne renseigne ni sur la surface réelle, ni sur le format. Deux appareils de même diagonale peuvent avoir des proportions différentes, donc une largeur utile différente.
Il ne dit surtout rien de la netteté. Un 6,7 pouces en 720p et un 6,7 pouces en 1,5K ont la même diagonale et une qualité d'image sans rapport.

La résolution et les ppi
La résolution s'exprime en pixels : 720 par 1 600, 1 080 par 2 400, ou 1 220 par 2 712. Les fiches commerciales parlent de HD+, FHD+ ou 1,5K, des labels qui masquent des écarts importants.
La densité, en pixels par pouce, traduit la netteté réelle. En dessous de 300 ppi, le texte perd en finesse. Au-dessus de 400, l'œil distingue difficilement la différence à distance normale.
Un 720p sur 6,7 pouces donne environ 260 ppi. C'est le point faible de nombreux modèles économiques : la dalle peut être lumineuse et fluide, le texte reste flou.

Les nits
Le nit mesure la luminosité. Les fiches annoncent souvent un pic, atteint sur une petite portion de l'écran pendant quelques secondes.
La valeur utile est la luminosité typique, celle qui reste disponible en usage courant. Un écran annoncé 1 200 nits peut plafonner à 600 en plein soleil, ce qui change la lisibilité.
En Algérie, l'été et la lumière directe rendent ce point décisif. Un écran à 400 nits typiques devient difficile à lire dehors, même avec un bon contraste.

OLED et LCD
Une dalle OLED éclaire chaque pixel séparément. Les noirs sont profonds, le contraste élevé, et la consommation baisse sur les images sombres.
Une dalle LCD utilise un rétroéclairage unique. Les noirs restent grisâtres, surtout dans une pièce sombre, mais la luminosité maximale est souvent plus facile à obtenir.
Les OLED peuvent produire un scintillement à basse fréquence, perceptible par certaines personnes. Les LCD n'ont pas ce problème, mais leur contraste reste inférieur.

Les 120 Hz
Une fréquence de 120 Hz rafraîchit l'image deux fois plus vite que 60 Hz. Le défilement paraît plus fluide, les animations plus nettes.
L'intérêt dépend de l'usage. Pour lire et regarder des vidéos, 60 Hz suffisent. Pour le jeu et la navigation rapide, 120 Hz apportent un confort réel.
Attention aux modèles qui annoncent 120 Hz sur une dalle LCD d'entrée de gamme : la fréquence est là, la qualité d'image reste moyenne.
Les labels marketing
« Écran AMOLED 1,5K » ne garantit ni la luminosité, ni la précision des couleurs, ni la présence d'un verre de protection résistant.
« 120 Hz adaptatif » signifie que la fréquence baisse pour économiser la batterie. C'est une bonne chose, à condition que la plage soit réellement utilisée.
« 1 000 nits » sans précision correspond souvent à un pic mesuré sur 5 % de la dalle.
Tester en magasin
Montez la luminosité au maximum et regardez l'écran en direction d'une vitrine. S'il reste lisible, la dalle tient ses promesses.
Ouvrez un texte fin et regardez les bords des lettres. Le flou se voit immédiatement sur un 720p.
Faites défiler une page longue. La fluidité se perçoit mieux qu'avec une animation de démonstration.
En résumé
La diagonale séduit, la résolution informe, la densité décide de la netteté. La luminosité typique compte plus que le pic annoncé, et le type de dalle détermine le contraste.
Avant d'acheter, vérifiez la résolution exacte et la densité en ppi. Un écran 120 Hz en 720p reste un écran flou.
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Sources
Crédits photos
Photos : Kyu3a (CC BY-SA 4.0), JGBlue1509 (CC BY 4.0), SimonWaldherr (CC BY 4.0), Geekerwan (CC BY 3.0). Fichiers via Wikimedia Commons.



